Un mot de l'auteur:

Je remercie Epervine_production d'accueillir une partie des mes textes et espère que vous prendrez plaisir à les lires.

J'apprécie particulièrement les commentaires de mes lecteurs alors n'hésitez pas : Écrivez moi !

Arthur Wneir

Le prix a payer ( 4 pages)

 

Nathalie assise devant la glace de sa table de maquillage, peignait lentement ses longs ongles taillés en pointes.. Quelques gouttes du liquide tirée du flacon « nuit de sabat » coulaient du petit pinceau à l’ongle, faisant sur cette surface légèrement rosée une tache noir et brillante; que la jeune femme étalait ensuite le long de ses lames aux pointes légèrement adoucies. Elle commençait de couvrir l’extrémité du petit doigt de sa main gauche quand le bruit strident de l’Interphone la fit sortir de la langueur dans laquelle elle commençait à sombrer.

- « Ha, saloperie ! tu ne pourrais pas sonner moins fort » cria-t-elle avant de se lever d’un mouvement violent. Le deuxième bip aigu retenti au moment ou elle allait décrocher le combiné.

- « Allô ? qui est-ce ? »

-« C’est Sybil, ouvre, j’ai un truc super à te montrer »

-« Monte c’est ouvert » répondit la jeune femme, avant de pousser d’un ongle encore vierge le bouton d’ouverture de la porte.

Se tournant vers la glace murale fixée sur le mur opposé, elle réajusta sa veste en toile violette qui glissait un peu sur son épaule gauche, découvrant entre les pans du tissu sombre un sous-vêtement blanc à peine visible sur les formes de sa peau blonde. D’un léger mouvement arrière de la tête, elle remit en ordre ses longs cheveux d’un blond translucide, qui semblaient flotter en suivant de larges courbes changeantes jusqu’à ses hanches.

Sybil était déjà derrière la porte quand Nathalie détacha le loquet de sécurité. La visiteuse visiblement excitée, embrassa son hôtesse d’une façon quelque peu maniérée, en poussant des petits gloussements stridents.

-« Dis moi qu’est-ce qui te met dans un état pareil ? » interrogea la jeune femme blonde.

-« En plus tu t’es faite belle » ajouta-t-elle en caressant le tissu de la manche de la robe de son amie.

En effet Sybil contrairement à son habitude portait des vêtements féminins et d’une qualité certaine. Une longue robe noir au col droit et montant, qui descendait jusqu’au sol cachant les pieds de la jeune femme par une corolle de tissus qui semblait faire poser la robe et son occupante sur le sol, comme l’aurait fait un vase. Ses cheveux noirs de jais contrairement à l’ordinaire n’étaient pas tendus et tombants, mais bouclées par une permanente impeccable, faisant ressortir son visage d’un blanc de porcelaine et aux traits presque enfantins, telle une étoile brillante et blanche au milieu d’une nuit ténébreuse. Dont le trait sanglant de ses lèvres rouges et humides renforçait l’aspect irréel. Sur ses hanches fines elle portait une ceinture faite d’anneaux d’argent qui suivaient les ondulations de son corps comme un serpent enroulé nonchalamment autour de son ventre.

Levant devant elle un bloc de feuilles agrafées recouvertes de caractères d’impressions visiblement frais, Sybil, expliqua a Nathalie que le jour qu’elles attendaient tant était enfin arrivé.

-« Ca y est, nous l’avons, on va enfin pouvoir passer aux choses sérieuses, tu ne peux pas savoir ce que je suis impatiente ».

-« Mais enfin de quoi tu parles ? Ton correspondant mystérieux sur le net t’a encore promis des révélations ? » répondit Nathalie d’un ton quelque peu ironique.

-« Non là c’est sérieux il m’a envoyé une incantation, qu’il a lui même essayé; ça y est on va enfin en faire apparaître un !»

Nathalie se jeta dans les bras de son amie en criant sa joie, emportées par leur euphorie elles se mirent à tourbillonner au travers de l’appartement en se tenant par les mains, faisant une ronde ponctuée de quelques paroles d’incantations apprises dans les manuels de sorcelleries et autres livres du paranormal quelles avaient dévorées ensembles depuis ses deux dernières années.

 

Enlevant le tapis persan étendu au le centre de la salle de séjour Nathalie découvrit un pentacle gravé à même le bois du planché, au milieu de l’étoile à cinq branches restaient encore les traces d’une combustion; et des morceaux de cire recouvrant ça et là le sol.

Bientôt la mise en scène du rituel fut prête: quelques bougies noirs aux points indiqués dans le texte de Sibyl; de l’encens d’une odeur particulièrement forte et agressive; les rideaux noirs tirés sur les fenêtres et les lumières toutes éteintes.

Nathalie debout le corps tendu, les jambes serrées comme un chef d’orchestre prêt à donner ses ordres, leva devant elles les feuilles . D’une voix calme et contrôlée elle commença la lecture trahissant cependant sa nervosité par quelque bafouillements.

-« Au nom de celui qui a enseigné la connaissance aux maîtres de nos maîtres, je t’invoque toi esprit , je t’invoque toi qui te nourri des pleurs des vivants........ » suivit une longue litanie de descriptif et de noms imagés destinés à qualifié à nature de la chose invoquée.

Pendant cette longue incantation Sybil, assise sur le sol dans une position lascive, les jambes allongées a coté d’elle et la tête penchée en arrière, faisait glisser nerveusement ses mains sur son corps, comme le font parfois les groupies en transe devant leurs idoles.

Le cérémonial était bientôt achevé, les lèvres de Nathalie tremblaient de plus en plus laissant sortir encore quelques sons éteints et rapides dont les derniers furent: « je te donne ma clef, au démon, vers le Monde ».

 

Les deux jeunes femmes restèrent figées quelques instants, se lançant mutuellement des regards apeurés. Rien ne se passant Nathalie dit d’une voix qui cadrait mal avec le sens des mots:

-« Mince ça a encor raté, je te l’avais dit que c’était un rigolo ce mec ».

-« Tu as dû oublier quelque chose » ajouta Sybil qui semblait elle vraiment déçue.

Un grand fracas venant du couloir fit bondir les deux incantatrices, qui loin de se réjouir de cette réaction se jetèrent dans les bras l’une de l’autre. Un homme, une hache de pompier à la main surgit dans le salon; il semblait avoir moins d’une trentaine d’année, mais son visage grave trahissait des épreuves déjà longues et pénibles, il portait une tenue paramilitaire noire composée d’un treillis tenu par un gros ceinturons dont la boucle était une grosse plaque d’or, et d’une sorte de veste semi-rigide couverte de poches.

-« Vous êtes quoi ? un démon ? » réussit à articuler Nathalie malgré sa peur.

-« Est-ce que j’ai une tête de démon ? », répondit l’homme d’une voix grave mais amicale.

-« Heu ! non » admit la jeune femme, en se détachant de son amie.

Elles étaient maintenant toutes les deux beaucoup plus décontractées, l’étrange individu après avoir rallumé la lumière avait entrepris de fouiller la pièce avec une longue tige en argent. Dés qu’elles tentaient de dire un mot il leur faisait signe de la main de se taire.

Au bout d’un quart-heure de fouille méthodique, il s’adressa enfin à Nathalie et Sybil qui étaient restée plantées au milieu de la pièce.

-« bon il devrait finir par se montrer, et là je ne suis pas sur de pouvoir le contrôler, alors il va falloir vous protéger ».

-«Vous croyez que l’on a réussi à appeler un démon » demanda Sybil ?

-« Je ne le crois pas, je le sais ! » répondit-il d’un ton catégorique.

-« Qu’est-ce que l’on doit faire ? » demanda Sybil.

-«Vous déshabiller » grommela l’homme, comme si la chose le contrariait..

-« Vous êtes un voyeur ? ! » Glapie Nathalie, les nerfs mis à vifs par la sensation de ne plus rien contrôler, de redevenir une petite fille prise en faute et toute honteuse.

-« Faite ce que je vous dis » gronda-t-il en fixant la jeune femme d’un air dur.

 

Nathalie et Sybil s’exécutèrent sans s’opposer d’avantage, d’autant plus convaincues qu’une vapeur verte commençait à sortir du plancher a coté du pentacle. Le phénomène était quasiment imperceptible, mais cela était suffisant pour prouver qu’il y avait vraiment quelque chose d’inhabituel.

Nathalie commença à enlever sa veste en dégageant ses épaules d’un coup sec. L’homme qui tournait maintenant autour d’elles en traçant des cercles avec son aiguille d’argent, semblait vraiment concentré, ses gestes étaient rapide et précis son regard quasiment fixe, bref un vrai professionnel au travail. La jeune femme dont l’amour propre était quelque peu meurtri se mis presque inconsciemment à essayer de déstabiliser cet homme qui lui donnait des ordres dont les buts lui était incompréhensibles. Elle finit d’enlever sa veste non plus d’une façon frustre comme elle avait commencé mais langoureusement, découvrant une épaule puis l’autre, écartant ensuite les pans du vêtement, avançant vers l’avant sa poitrine, dont les globes dorées tendaient le soutien-gorge de dentelle qu’elle portait comme seul vêtement sous sa veste; elle défit ensuite de deux doigts le bouton de son pantalon, quelle fit glisser en ondoyant le long de ses longues jambes. Une fois en sous vêtement et toujours en regardant d’une façon insolemment aguicheuse l’homme qui travaillait, elle se mit jouer avec la lanière gauche de sa culotte échancrée; demandant d’une voix sensuelle si ça aussi elle devait l’enlever.

-« Ca suffit ce cinéma, vous voulez tous nous faire tuer ou quoi ! » répondit l’homme d’une voix d’une autorité telle qu’elle n’en n’avait jamais entendu.

Il ajouta à voix basse; se parlant à lui même:

-« C’est pas croyable ça, comment voulez-vous que je fasse mon boulot si les gens que j’aide, sabotent tout »

Nathalie resta tétanisé et bouche bée, ne réagissant même pas quand l’homme tout en fermant les yeux lui arracha sa culotte et son soutien-gorge, la laissant nue et immobile comme une statue.

Sybil elle n’avait pas posé de problèmes ; maintenant assise par terre à coté de sa robe pliée soigneusement, elle cachait sa féminité du mieux quelle le pouvait.

La vapeur verte commençait à devenir plus dense mais elle ne semblait pas vouloir s’étendre, on aurait dit quelle emplissait une sorte d’espace invisible clairement délimité. L’homme pour l’instant ne semblait gère s’en soucier. Il prit les vêtements des deux jeunes femmes, les mis dans un sac plastique qu’il trouva dans la cuisine et revint avec un seau d’eau.

En un instant ses gestes devinrent très calmes, presque lent, comme s'il était dans un état d’extrême concentration. Répétant avec minutieux les gestes d’un rituel mystérieux que Sybil observaient avec stupéfaction tant il lui semblait beau en comparaison à toutes les pratiques d’occultismes et autre tables tournantes qu’elle avait pu pratiquer.

Il sorti de l’une de ses poches une grosse craie blanche avec laquelle il barra tout les traits du pentacle, puis d’une autre il sortit un petit cube de bois surmonté d’un tube en cristal; qu’il posa à coté de Nathalie, avant de s’agenouiller au milieu de la vapeur verte les mains jointes et la tête baissé. Quelque minute plus tard la vapeur verte s’agita et se mis à tourbillonner autour de l’homme avant de disparaître dans un bruit répugnant d’aspiration. Nathalie s’effondra lentement sur le sol, comme si elle s’était endormie.

-« N’essaye pas de la réveiller, tu n’y arriverais pas » dit l’homme en se relevant.

-« Mon Dieu ! Mais que c’est il passé ? » demanda Sybil au bord des larmes.

-« Rien que vous n’aillez demandé » répondit celui-ci

-« S’il vous plaît monsieur, je veux savoir, implora en pleurant, la jeune femme ».

Le visiteur providentiel répondit favorablement à sa demande . S’asseyant confortablement dans un fauteuil il entreprit d’expliquer à la jeune femme ce qui s’était passé, en omettant toutefois de donner des explications à son discours qui en était parfois très brumeux; Sybil réussit néanmoins à comprendre qu’elles avaient bien appelé un démon, guidé en cela par quelqu’un qu’il recherchait, ce démon était parmi l’un des plus dangereux et des plus rare, aussi sa valeur en était très élevée. Lui avait réussi à arriver a temps, pour éviter le pire. Elle demanda pourquoi la personne qui lui avait transmit le texte voulait que ça soit elles qui le fasse.

-« Mais parqu’il ne voulait pas payer le prix; et pourtant il le paiera ! » s’exclama l’homme au ceinturon d’or..

-« Mais quel prix, et comment il est venu alors que l’on ne lui avait encore rien donné ? »

-«Tu n’as donc pas compris, la clef vers le monde c’est le corps ! » répondit l’homme d’une voix sombre.

-« Nathalie a donné son corps au démon, aussi je l’en ai privé; aussi ton amie devra désormais demeurer dans cet objet jusqu’à que sept années soient passées; dit il en désignant l’objet en bois et cristal posé sur le sol; et cela jusqu’à que son corps soit prêt de nouveau à accueil son âme et pour la dernière fois. Pendant ces sept années toi Sybil pour expier le mal que tu as fait en appelant une force vicieuse et mauvaise cachée jusqu’alors aux fonds ténèbres, tu t’occuperas du corps de Nathalie, et me servira, afin que les oeuvres soient accomplis et que le commanditaire de cela soit châtié comme il le mérite ».

FIN

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